Lubumbashi : Les médias mobilisés pour la surveillance du Code de commercialisation des substituts du lait maternel

 


Par Jules Mbuyu 


La salle Gabriel Umba Kyamita de Nsakwa ya Buluba a servi de cadre, ce vendredi 23 janvier 2026, à un briefing presse réunissant des journalistes de médias audiovisuels, écrits et en ligne de Lubumbashi et d’autres horizons. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la campagne de sensibilisation sur la surveillance des violations du Code Congolais de Commercialisation des Substituts du Lait Maternel (CCCSLM), organisée par le Programme National de Nutrition (PRONANUT) en partenariat avec l’UNICEF.

L’objectif principal de cette activité était de renforcer les capacités des professionnels des médias afin qu’ils deviennent des acteurs clés dans la vulgarisation du Code, qui vise à protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel en République démocratique du Congo.

Le briefing a été animé par M. Damien Sabuni, nutritionniste-diététicien et chef de division au programme de communication du PRONANUT.

"Le Code congolais de commercialisation des substituts du lait maternel est un instrument de santé publique. Il protège les mamans contre la publicité abusive des laits artificiels et garantit le droit de chaque enfant à un allaitement maternel optimal", a expliqué M. Damien Sabuni.


Une situation nutritionnelle préoccupante dans le Haut-Katanga


La province du Haut-Katanga fait face à une situation nutritionnelle alarmante. Selon les données présentées lors du briefing, 44 % des enfants souffrent de malnutrition, un chiffre qui traduit une urgence sanitaire majeure.

Plus grave encore, 341 mamans sont décédées en 2022 suite à des complications liées à un mauvais allaitement et à des pratiques alimentaires inadaptées chez le nourrisson.

"Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Ce sont des vies perdues. L’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois est une question de survie pour nos enfants", a insisté le nutritionniste du PRONANUT.

Dans plusieurs zones urbaines et rurales du Haut-Katanga, la promotion agressive des laits artificiels, la désinformation et certaines croyances culturelles contribuent à l’abandon précoce de l’allaitement maternel, exposant ainsi les nourrissons à de graves risques sanitaires.


Les bienfaits de l’allaitement maternel


Les experts rappellent que l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de vie constitue l’un des moyens les plus efficaces de prévenir la malnutrition et la mortalité infantile.

Le lait maternel :

- contient tous les nutriments essentiels au développement du bébé ;

- renforce le système immunitaire et protège contre les infections ;

- réduit les risques de diarrhées, pneumonies et allergies ;

- favorise le développement cérébral et affectif de l’enfant ;

- protège également la mère contre certains cancers et favorise le lien mère-enfant.

"Aucun lait artificiel ne peut remplacer la richesse du lait maternel. C’est le premier vaccin naturel de l’enfant", a souligné un représentant de l’UNICEF présent à la rencontre.


Les conséquences du non-allaitement maternel exclusif


Le non-respect de l’allaitement exclusif durant les six premiers mois expose l’enfant à :

- un risque élevé de malnutrition ;

- des infections fréquentes ;

- un retard de croissance ;

- une vulnérabilité accrue aux maladies chroniques plus tard dans la vie.

Pour la mère, cela peut entraîner des complications de santé et une charge économique supplémentaire liée à l’achat de substituts du lait souvent coûteux et parfois mal préparés.


Le rôle clé des médias


Conscients de leur influence, les journalistes présents ont promis de s’engager activement dans la vulgarisation du CCCSLM et la sensibilisation des communautés.

"Les médias ont le pouvoir de changer les comportements. Nous nous engageons à relayer ce message vital pour la santé de nos enfants", a déclaré un journaliste participant.

Le PRONANUT a exhorté les professionnels des médias à :

- dénoncer les violations du Code ;

- lutter contre la publicité abusive des laits artificiels ;

- diffuser des messages éducatifs sur l’allaitement maternel ;

- accompagner les autorités sanitaires dans la promotion de bonnes pratiques nutritionnelles.

À travers cette initiative, le PRONANUT et l’UNICEF réaffirment leur engagement à réduire la malnutrition infantile en RDC. Mais ils rappellent que cet objectif ne peut être atteint sans l’implication active des médias, des familles, des structures sanitaires et des autorités publiques.

"Protéger l’allaitement maternel, c’est protéger l’avenir de notre nation", a conclu M. Damien Sabuni.

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne