Par Jonathan Basimaki à Bunia
La communauté Lendu de l’Ituri a exprimé, ce vendredi 23 janvier 2026 à Bunia, ses inquiétudes face à la présence de l’armée ougandaise (UPDF) sur le sol congolais, qu’elle soupçonne de pouvoir raviver un nouveau cycle de violences dans la province.
Ces déclarations ont été faites à l’occasion de la commémoration du 25ᵉ anniversaire du massacre de plus de 250 membres de la communauté Lendu, perpétré le 19 janvier 2001 à Bunia par l’armée ougandaise en complicité avec la milice dirigée à l’époque par Thomas Lubanga.
La cérémonie a débuté par une messe à l’église catholique de Yambi Yaya. Les membres de la communauté, réunis au sein de l’association culturelle LORI, se sont ensuite rendus à Fichama, localité située à six kilomètres au sud-est de Bunia, où ils ont procédé au dépôt de gerbes de fleurs en mémoire des victimes.
Prenant la parole, le vice-président de l’association LORI a dénoncé ce massacre et attiré l’attention de la communauté locale, nationale et internationale sur le risque de voir l’histoire se répéter, notamment avec la présence actuelle de l’UPDF dans le territoire de Djugu, dans le cadre de la coopération militaire FARDC-UPDF.
"Nous ne sommes pas contre la mutualisation des forces FARDC-UPDF. Cependant, nous craignons la répétition des événements du passé, d’autant plus que Thomas Lubanga, aujourd’hui à la tête de la rébellion CRP, menace la sécurité de l’Ituri depuis l’Ouganda voisin", a déclaré Marcus Mbitso.
Il a également appelé l’armée ougandaise à faire preuve de neutralité dans ses opérations militaires sur le terrain.
"Les récentes interventions de l’UPDF montrent une certaine partialité. Ils ont rasé un village à Arr et commis des exactions contre nos membres à Fataki. Nous appelons cette force à agir avec professionnalisme", a-t-il ajouté.
À travers cette commémoration, la communauté Lendu a voulu exprimer la douleur toujours vive liée à la disparition de ses proches, tout en lançant un appel aux autres communautés de l’Ituri à privilégier la paix, soutenir les autorités et refuser tout appui aux forces négatives, notamment la rébellion CRP, accusée de chercher à déstabiliser la province.
Les organisateurs soulignent que l’Ituri se trouve aujourd’hui sur une voie de redressement économique et social, et que la paix demeure une condition essentielle à ce processus.

