Par Jonathan Basimaki depuis Bunia
Le député provincial Moïse Uzunga Wathum, élu du territoire de Djugu, appelle au renforcement des effectifs et des équipements des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sur le littoral du lac Albert, afin de faire face aux attaques répétées des miliciens de la CODECO.
À l'issue d'une mission effectuée la semaine dernière dans cette partie de la province de l'Ituri, l'élu dresse un bilan particulièrement lourd des violences ayant frappé plusieurs localités, notamment le camp de pêche de Muganga.
Lors d'un point de presse tenu ce dimanche 1er novembre à Bunia, Moïse Uzunga Wathum a indiqué que leur déplacement dans la zone de Muganga, un camp de pêche situé sur le littoral du lac Albert, avait été facilité par les Forces armées congolaises.
Selon lui, les attaques ont fait au moins 36 victimes civiles. Ces personnes auraient été massacrées par les miliciens de la CODECO lors de leurs incursions, notamment dans la localité de Dudjô, située sur le flanc de la montagne, avant que les assaillants ne descendent vers le camp de pêche de Muganga.
"Les assaillants ont tué sans distinction d'appartenance communautaire. Parmi les 36 corps retrouvés, on dénombre près de 13 personnes de la communauté Lendu. D'autres corps restent introuvables", a précisé le député provincial.
Face à cette situation sécuritaire préoccupante, Moïse Uzunga demande au gouvernement de renforcer les positions militaires en déployant davantage de troupes et en mettant à leur disposition des équipements adéquats, particulièrement sur les collines qui surplombent le lac Albert.
"Le jour de l'attaque, il y avait un problème d'effectifs militaires. Les militaires étaient quasiment absents sur les collines. De leur côté, les forces navales ne disposent pas non plus des équipements nécessaires pour poursuivre les assaillants", a-t-il déploré.
Le député provincial a également attiré l'attention des autorités sur la nécessité de renforcer la surveillance de cette région, qui constitue une zone frontalière naturelle entre la République démocratique du Congo et l'Ouganda voisin.
Il estime notamment que les montagnes du Mont Bleu, insuffisamment surveillées selon lui, pourraient servir de zones de refuge à plusieurs groupes armés.
Par ailleurs, Moïse Uzunga Wathum a alerté sur la situation humanitaire préoccupante des populations déplacées à la suite des violences. Ces dernières proviennent notamment de Muganga, Dudjô, Gobù, Musekere, Gengere 1, 2 et 3, ainsi que de Galima.
Selon l'élu, la majorité de ces déplacés a trouvé refuge dans le territoire de Mahagi, tandis que d'autres ont traversé la frontière pour se réfugier en Ouganda.
Il appelle ainsi les autorités compétentes à prendre des mesures urgentes pour renforcer la sécurité dans cette partie du territoire de Djugu et apporter une assistance humanitaire aux populations contraintes de fuir leurs villages.
