Djugu : Les combats reprennent, des miliers des civils fuient les affrontements entre CODEFO et CRP



Par Jonathan Basimaki à Bunia


La situation sécuritaire se dégrade de nouveau dans le territoire de Djugu, en Ituri. Depuis le dimanche 27 septembre 2026, plusieurs localités sont affectées par des affrontements impliquant notamment la CODECO, la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) et, dans certains secteurs, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). 

Ces violences provoquent de nouveaux déplacements de populations et aggravent une situation humanitaire déjà fragile.

À Nyampala, sur la route nationale numéro 27, des combats ont opposé des éléments de la CRP aux FARDC avant que des affrontements ne soient également signalés entre combattants de la CRP et de la CODECO. Selon des sources sécuritaires citées par Radio Okapi, au moins 16 miliciens, dont dix de la CRP et six de la CODECO, auraient été tués lors de ces affrontements.

La situation s’est également tendue dans la zone de Rhoo, où les affrontements ont provoqué un important mouvement de panique parmi les populations civiles et les personnes déplacées.


Plus de 3 100 civils se réfugient auprès de la MONUSCO


Face à la progression des violences, plus de 3 100 civils ont cherché refuge auprès de la base opérationnelle temporaire de la MONUSCO à Rhoo. Parmi eux figuraient près de 1 600 femmes et environ 900 enfants. Certains ont passé la nuit à l’intérieur de la base des Casques bleus, tandis que d’autres se sont installés à proximité.

La MONUSCO indique avoir renforcé son dispositif de protection et apporté une assistance aux personnes affectées. Neuf civils blessés ont notamment reçu des soins médicaux, selon les informations communiquées par la Mission onusienne.

À Gina, plusieurs milliers d'autres civils ont également cherché refuge à proximité de la base de la MONUSCO après de nouveaux affrontements dans la zone. Au total, plus de 5 000 personnes auraient trouvé refuge près des bases de la Mission à Rhoo et Gina.


La RN27 sous tension


La reprise des combats fait également craindre des perturbations sur la route nationale numéro 27, un axe important pour la circulation dans cette partie de l’Ituri.

Des sources locales font état d’une forte mobilisation des groupes armés dans plusieurs secteurs proches de la RN27. Cette situation suscite des inquiétudes chez les usagers de cet axe, notamment les transporteurs, qui redoutent une nouvelle interruption de la circulation.

La population appelle les autorités à renforcer la présence des forces de sécurité afin de sécuriser les axes routiers et les zones habitées.


Les déplacés de nouveau contraints à fuir


À Rhoo, les violences ont particulièrement affecté des personnes qui avaient déjà fui leurs villages à cause des précédentes crises. Certaines ont été contraintes de quitter une nouvelle fois leurs abris pour rechercher la sécurité auprès de la MONUSCO ou dans les localités voisines.

Des informations locales font également état de victimes civiles. Un bilan rapporté mardi 29 septembre par la société civile de la chefferie de Bahema-Nord faisait état de 14 civils tués dans plusieurs attaques attribuées à la CODECO depuis le début de la nouvelle flambée de violences. Ce bilan reste toutefois à considérer avec prudence, les sources disponibles donnant des chiffres différents selon les zones et les périodes couvertes. 


Les autorités militaires communiquent sur la situation


Dans un communiqué rendu public le 29 septembre, le secteur opérationnel de l'Ituri a dénoncé plusieurs attaques qu'il attribue à la CRP, notamment des assassinats, enlèvements et attaques contre des positions des FARDC dans différentes localités de Djugu. L'armée appelle également la population à la vigilance.

La nouvelle flambée de violences à Djugu intervient alors que les populations civiles restent particulièrement vulnérables aux affrontements entre groupes armés. Les déplacements successifs, les pertes humaines et les besoins de protection et d'assistance humanitaire continuent de préoccuper les acteurs locaux et humanitaires.

À Djugu, la priorité demeure désormais la protection des civils, la sécurisation des axes de circulation et l'accès des populations déplacées à une assistance humanitaire adaptée.

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