Par Dynamik Infos.com
La ville minière de Kolwezi, dans la province du Lualaba, a accueilli ce vendredi 12 juin 2026 une séance de sensibilisation organisée par les mouvements citoyens LUCHA et FILIMBI, membres du consortium "Le Congo n'est pas à vendre" (CNPAV).
Réunissant une cinquantaine de participants, cette activité visait à informer la population sur les enjeux liés au contrat Sicomines ainsi qu'à son Avenant 5, récemment au centre de nombreux débats sur la gouvernance des ressources naturelles en République démocratique du Congo.
Au cours de cette rencontre, les organisateurs sont revenus sur l'historique de ce partenariat conclu entre la RDC et un consortium d'entreprises chinoises, souvent qualifié de "contrat du siècle". Selon eux, malgré les différentes révisions intervenues au fil des années, plusieurs déséquilibres continuent de caractériser cet accord.
Prenant la parole devant les participants, Bienvenu Matanda, principal orateur de la journée, a expliqué que le mécanisme d'échange de ressources minières contre des infrastructures soulève encore de nombreuses interrogations quant à ses retombées réelles pour l'État congolais.
"Les modifications apportées à travers l'Avenant 5 ne garantissent toujours pas une protection suffisante des intérêts de la RDC", a-t-il affirmé.
Les intervenants ont notamment évoqué ce qu'ils considèrent comme un important manque à gagner pour le Trésor public. Selon leurs estimations, les pertes pourraient atteindre 412 millions de dollars américains entre 2024 et 2026, avant de dépasser 2,3 milliards de dollars sur l'ensemble de la durée de l'avenant.
Ces explications ont suscité de nombreuses réactions parmi les participants, plusieurs d'entre eux exprimant leurs préoccupations quant à la gestion et à la valorisation des ressources minières du pays.
Intervenant à son tour, Prince Kilundu, également membre du consortium "Le Congo n'est pas à vendre", a plaidé pour la réalisation d'un audit indépendant du contrat afin d'identifier les éventuelles failles et de favoriser une renégociation plus équilibrée.
"Un audit crédible permettrait d'établir clairement les responsabilités et de renforcer la défense des intérêts nationaux", a-t-il soutenu.
Au-delà de la dénonciation des déséquilibres présumés du contrat, LUCHA et FILIMBI ont insisté sur la nécessité d'impliquer davantage les citoyens dans les débats relatifs à la gouvernance minière. Les organisateurs ont encouragé la population à s'informer davantage sur ces questions stratégiques qui, selon eux, auront un impact direct sur l'avenir économique du pays.
Ils ont enfin appelé les autorités congolaises à poursuivre les efforts visant à garantir une gestion plus transparente et plus équitable des ressources naturelles, dans l'intérêt des générations présentes et futures.
Cette activité s'inscrit dans le cadre des actions de plaidoyer menées par le consortium "Le Congo n'est pas à vendre", qui œuvre pour la transparence, la redevabilité et la bonne gouvernance dans les partenariats économiques impliquant la République démocratique du Congo.
