Par Jonathan Basimaki, à Bunia
Dans le territoire de Djugu, la situation humanitaire devient de plus en plus critique le long de la RN27. Des milliers de déplacés internes, fuyant les affrontements entre miliciens et forces armées congolaises, vivent depuis plusieurs jours sans aucune assistance humanitaire.
Face à cette urgence, les autorités coutumières tirent la sonnette d’alarme et appellent le gouvernement ainsi que les organisations du système des Nations unies à intervenir rapidement.
Lors d’une conférence de presse conjointe, Gudza Kiza Justin et Drajima Mayaribo ont dressé un tableau préoccupant de la situation. Selon le chef du secteur de Walendu Djatsi, des milliers de personnes en provenance des villages de Bpassa et des environs fuient les violences.
Certaines se dirigent vers Djugu-centre au nord, d’autres vers Jina au sud, tandis qu’une partie est accueillie à Pimbo sous la protection de l’administration locale.
Tout en appelant à une aide urgente, Gudza Kiza Justin a également exhorté la population à éviter toute manipulation politique susceptible d’aggraver la situation sécuritaire dans la région.
De son côté, Drajima Mayaribo a indiqué que quatre villages de sa juridiction ont été attaqués, provoquant la fuite massive des habitants. Il a aussi signalé plusieurs morts, dont certains corps restent encore sans sépulture, plaidant pour une intervention urgente de la Croix-Rouge afin d’assurer leur inhumation.
Les autorités locales sollicitent par ailleurs une assistance humanitaire immédiate pour ces déplacés dépourvus de tout, tout en rappelant aux groupes armés que les civils ne doivent en aucun cas être pris pour cibles.
Selon les données du OCHA, la province de l’Ituri compte désormais plus de 100 000 nouveaux déplacés. Depuis le début du conflit, ce sont plus de 900 000 personnes qui ont été contraintes de fuir leurs habitations, vivant dans des conditions précaires, avec des besoins alimentaires et sanitaires largement insatisfaits.
Face à l’ampleur de la crise, les appels à une mobilisation urgente des autorités et des partenaires humanitaires se multiplient pour éviter une catastrophe humanitaire de grande envergure dans cette partie de la République démocratique du Congo.
