Par Jonathan Basimaki depuis Bunia
Dans le territoire de Djugu, à plus de 55 kilomètres au nord de Bunia, l’Institut technique agricole de Pimbo (ITA/Pimbo) continue de fonctionner dans un contexte sécuritaire extrêmement précaire.
Niché sur la colline de la paroisse catholique Notre-Dame de Lourdes, en secteur de Walendu Djatsi, cet établissement lutte depuis plus de quatre ans pour sa survie.
Spécialisé dans la formation des jeunes agronomes, l’institut fait face aux conséquences directes de l’insécurité persistante dans la région. Lors d’une visite d’excursion effectuée par Dynamik Infos le 30 avril dernier, les responsables de l’école ont affiché leur détermination à maintenir les activités académiques, malgré les difficultés.
Une école fragilisée par l’insécurité
Selon le préfet des études, la situation sécuritaire a fortement impacté la fréquentation scolaire.
"Depuis plusieurs années, l’effectif a sensiblement baissé. Cette année, nous ne comptons que trois finalistes en agriculture générale", a-t-il déploré. Pour pallier cette baisse, une option en pédagogie générale a été introduite récemment.
L’établissement a également subi des dégâts matériels importants : son laboratoire a été incendié lors des conflits armés, compromettant ainsi plusieurs projets de recherche et d’expérimentation agricole.
L’autofinancement comme bouée de sauvetage
Pour continuer à fonctionner, l’ITA/Pimbo s’appuie sur des projets agricoles d’autofinancement. Cultures de tomates, pommes de terre, maïs et haricots sont aujourd’hui exploitées pour soutenir financièrement l’école.
"Nous avons récemment récolté plus de trente fruits sur un seul plant de tomate. Aujourd’hui, nous développons aussi la culture de pommes de terre, de maïs et de haricots, avec des résultats encourageants", explique Ndalo Ngapka.
Un appel pressant au soutien des autorités
Malgré ces initiatives locales, les besoins restent immenses. L’établissement souffre notamment d’un manque d’équipements, de matériels didactiques et d’infrastructures adaptées.
Une partie de la bibliothèque a été détruite, et le laboratoire nécessite d’être rééquipé en produits chimiques pour protéger les cultures contre les ravageurs.
Par ailleurs, l’école sollicite la dotation en machines agricoles, notamment des tracteurs, afin d’améliorer l’apprentissage pratique des élèves et d’accroître la production.
Certains efforts du gouvernement ont toutefois été salués, notamment dans le cadre du projet STAR-Est, qui a permis la construction de six salles de classe et d’un bureau, ainsi que la dotation en lits pour le dortoir et la prise en charge partielle des enseignants.
Malgré les défis, le personnel éducatif reste engagé. Le préfet des études a réaffirmé sa volonté de sensibiliser les communautés locales à envoyer leurs enfants à l’école, convaincu que l’agriculture constitue un levier essentiel pour le développement et la stabilité de la région de Djugu.



