RDC : L’AFBC du Dr Néné Ilunga Nkulu s’exprime sur la situation sociopolitique et sécuritaire au pays

 



Par Jules Mbuyu 


Dans une déclaration officielle intitulée "Analyse de la situation politique du pays", rendue publique ce samedi 08 novembre 2025, le parti politique Alliance des Forces pour le Bien-Être des Congolais (AFBC) du Dr Néné Ilunga Nkulu, revient sur la situation sociopolitique et sécuritaire en République Démocratique du Congo

"La République Démocratique du Congo entre dans une séquence politique où la question centrale n’est plus celle de l’alternance, mais celle de la consolidation. Après des décennies de transitions incertaines, de coalitions conflictuelles et de gouvernabilité fragmentée, le pays se trouve aujourd’hui dans une configuration institutionnelle rare : une convergence entre l’exécutif, la majorité parlementaire et les institutions républicaines autour d’un projet de restauration de l’autorité de l’État" écrit ce parti qui ajoute : 

"Cette cohérence, souvent sous-estimée dans les analyses classiques, constitue pourtant le socle stratégique de toute politique de redressement. Elle permet de dépasser les logiques de survie institutionnelle pour entrer dans une dynamique de projection nationale".

Le Congo ne se contente plus de gérer l’instabilité : il commence à l’absorber, à la contenir, et à la transformer en levier de réforme.

1. L’autorité de l’État comme matrice de la gouvernanceL’un des marqueurs les plus significatifs de la période actuelle est la réaffirmation de l’autorité de l’État. Non pas dans une logique autoritaire, mais dans une logique de régulation. L’État n’est plus un arbitre passif entre forces centrifuges : il redevient le centre de gravité de l’action publique. Les décisions prises dans les provinces – souvent interprétées comme des gestes de fermeté –traduisent en réalité une volonté de mettre fin à l’impunité locale, à la prédation institutionnalisée et à l’atomisation des pouvoirs territoriaux. La gouvernance ne peut prospérer dans un État éclaté. La centralité institutionnelle est une condition de la démocratie, non son contraire.Comme le rappelle la doctrine institutionnaliste, « la démocratie ne se déploie que dans un État capable de se faire respecter". La RDC semble avoir intégré cette leçon.

2. Le conflit à l’Est : une guerre de souverainetéLa situation sécuritaire dans l’Est du pays ne relève plus d’une simple crise interne. Elle constitue une guerre de souveraineté, où s’affrontent des intérêts géoéconomiques, des puissances régionales et des réseaux transnationaux de prédation minière. Le Congo n’est pas en guerre contre lui-même : il est en guerre contre sa vassalisation. La diplomatie congolaise, longtemps perçue comme réactive, est devenue proactive. Elle mobilise la SADC, interpelle l’Union africaine, engage des alliances militaires et expose l’implication d’États voisins. Cette stratégie de dévoilement transforme le rapport de force : le pays ne cède plus par silence, il construit des coalitions.La guerre devient ainsi un révélateur de souveraineté. Elle oblige l’État à se redéfinir, à se durcir, à se structurer. Elle impose une doctrine de résistance nationale, fondée sur la fermeté diplomatique et la mobilisation stratégique.

3. Une action publique perceptible malgré les contraintes

Dans un contexte de guerre, de pression budgétaire et de tension sécuritaire, l’action publique congolaise demeure visible. Elle ne se mesure pas à l’abondance, mais à la cohérence. La gratuité de l’enseignement primaire, la construction d’infrastructures scolaires et hospitalières, la lutte contre la fraude minière et la fiscalisation accrue des ressources constituent des signaux clairs d’une volonté de gouverner. Cette gouvernance par les actes contraste avec l’immobilisme structurel qui fut longtemps la norme nationale. Elle montre que l’État, même sous contrainte, peut produire du service public, du lien social et de la régulation économique. La lenteur du progrès n’est pas un échec : elle est le rythme naturel d’un pays qui sort d’un demi-siècle de fragilité. Ce qui compte, ce n’est pas la vitesse, mais la direction.

4. Une opposition sans projet national cohérentL’un des paradoxes de la scène politique congolaise est la faiblesse doctrinale de l’opposition. Elle critique, mais propose peu. Elle mobilise, mais ne structure pas. Elle dénonce, mais ne démontre pas.L’alternance démocratique n’est pas une finalité en soi : elle est un moyen de renouvellement politique. Encore faut-il qu’elle s’appuie sur un projet, une vision, une capacité à gouverner. Or, face à un gouvernement qui construit, une opposition qui s’éparpille ne constitue pas une alternative crédible.La démocratie ne se résume pas à l’existence d’un contre-pouvoir : elle exige un contre-projet. Sans cela, l’opposition devient un bruit de fond, non une force de proposition.

Pour ce faire, l’AFBC propose quelques pistes pour consolider la dynamique institutionnelle : 

1. Renforcer la communication d’État La réforme ne s’impose pas seulement par les actes, mais aussi par la pédagogie. Expliquer, convaincre, clarifier : c’est gouverner durablement. La communication politique doit devenir un outil stratégique, non un simple relais médiatique.

2. Accélérer la réforme judiciaire Un État fort n’est pas un État coercitif : c’est un État juste. La lutte contre la corruption, le contrôle des finances publiques et la sanction des abus doivent être institutionnalisés. La justice est le bras civil de la souveraineté.

3. Pérenniser la diplomatie active La souveraineté se défend à Kinshasa, mais aussi à Addis-Abeba, à Pretoria, à New York. Le Congo doit continuer à isoler diplomatiquement les acteurs de la déstabilisation, à construire des alliances et à imposer son récit stratégique.4. Encadrer les provinces et moderniser la gouvernance locale. 

"La décentralisation ne peut être une fragmentation. Elle doit s’accompagner de rigueur, de contrôle et de responsabilité. La stabilité nationale dépend aussi de la discipline provinciale. Ouvrir un dialogue politique républicain Non pour négocier le pouvoir, mais pour rappeler que la nation se construit dans l’inclusion. Le dialogue doit être un outil de cohésion, pas un instrument de marchandage.Conclusion stratégiqueChanger de régime en pleine guerre reviendrait à récompenser la déstabilisation" lit-on dans cette déclaration. 

L’histoire congolaise enseigne que les transitions précipitées ont souvent produit des régressions. 

"La cohérence institutionnelle actuelle est un acquis rare. Elle doit être consolidée, protégée, valorisée.Le pays avance. Lentement, certes, mais il avance. Et dans un continent où les coups d’État, les effondrements institutionnels et les vassalisations géopolitiques se multiplient, le choix de la RDC est clair : la stabilité par l’État, la souveraineté par la fermeté, et le développement par la continuité républicaine" conclut l’AFBC de Néné Ilunga Nkulu. 

Pour rappel, l’AFBC, parti politique de l’opposition républicaine, a pour président national, l’apôtre Christian Numbi.

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