RDC : la C5 interpelle l’Union Africaine et réclame un dialogue fondé sur la volonté du peuple

 


Par Dynamik Infos.com 


Dans une correspondance adressée au Président de la République du Burundi et Président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, consultée ce samedi 11 juillet 2026, la Coalition du Peuple pour l’Intérêt Général (C5) appelle à une prise en compte du "peuple réel" dans les processus de paix et de dialogue en République démocratique du Congo.

Signée par son Coordonnateur national, Maître Caleb Banza Mwembo, cette lettre invite les médiateurs africains à placer les aspirations des citoyens congolais au centre des initiatives visant à restaurer une paix durable dans le pays.

La Coalition commence par saluer la démarche diplomatique du président burundais lors de son récent déplacement à Kinshasa.

"Votre récent séjour à Kinshasa, marqué par un appel pressant à la cohésion nationale et au dialogue, n’a pas échappé à notre attention. Il témoigne d’une lucidité diplomatique que nous saluons".

Pour la C5, la crise congolaise dépasse largement les frontières nationales et constitue un enjeu majeur pour la stabilité de toute la région des Grands Lacs.

"Les convulsions de la République démocratique du Congo ne s’arrêtent pas à ses frontières, mais irriguent l’équilibre entier de notre sous-région des Grands Lacs".

À l'occasion du 60ᵉ anniversaire de l'indépendance de la RDC, Maître Caleb Banza précise toutefois que son mouvement ne prétend pas parler au nom de l'ensemble du peuple congolais.

"Je ne prétends pas, en vous écrivant aujourd’hui, parler au nom de la jeunesse congolaise, ni au nom d’un peuple qui seul se doit de décider de son destin. Je m’adresse à vous comme le porte-voix d’une conviction partagée bien au-delà d’une génération : celle d’un peuple entier… dont la maturité politique est trop souvent tenue pour quantité négligeable".


La majorité silencieuse au cœur du plaidoyer


La Coalition estime que les différentes initiatives de paix accordent une place prépondérante aux acteurs politiques et militaires, laissant de côté une grande partie de la population.

"Il existe, en marge de ces cénacles, une majorité silencieuse, non pas absente, mais simplement non consultée ; dont la patience ne doit jamais être confondue avec le consentement. L’ignorer… expose notre nation au risque le plus redouté par tout stratège averti : celui d’une révolte non calculée, née non d’un projet mais d’une lassitude accumulée dans le silence".

La C5 affirme par ailleurs adopter une position indépendante, fondée exclusivement sur les intérêts du peuple.

"Notre unique loyauté va au souverain primaire tel que le consacre l’article 5 de notre Constitution".


Un dialogue civique avant tout dialogue politique


Concernant un éventuel référendum, la Coalition se dit favorable au recours à la consultation populaire, tout en soulignant que celle-ci doit être précédée d'un véritable débat national.

"Nous sommes… favorables au principe même de la consultation référendaire. Elle restitue la parole à son légitime propriétaire. Mais nous croyons aussi qu’un référendum n’a de valeur que libre, apaisé et véritablement éclairé : préparé en amont par un débat honnête…"

Faisant allusion à l'expérience constitutionnelle de 2005, elle ajoute :

"Nous ne souhaitons pas que l’histoire s’y répète".

Pour la C5, un dialogue civique inclusif demeure indispensable avant toute négociation entre acteurs politiques.

"Une paix négociée sans l’assentiment informé du peuple demeure, par nature, une paix fragile".


Un appel à l’Union africaine


Dans sa lettre, la Coalition invite également le Président en exercice de l'Union africaine à intégrer davantage les citoyens dans les processus de médiation.

"Nous formons le vœu que Votre Excellence… veuille bien accorder son attention à cette dimension trop souvent négligée des processus de médiation : celle d’un peuple qu’il faut entendre avant de vouloir le pacifier".

Enfin, Maître Caleb Banza sollicite la mise en place d'un cadre de consultation permettant à la Coalition de présenter directement au Président de l'Union africaine les analyses qu'elle dit avoir recueillies sur l'état de l'opinion congolaise.

"La bienveillance de Votre Excellence pour qu’un cadre de consultation… permette à la Coalition de l’Article 5 de porter à votre connaissance, de vive voix ou par tout canal qu’il vous plaira de désigner, les éléments d’analyse que notre mouvement a pu réunir sur l’état réel de l’opinion congolaise".

Se présentant comme un mouvement né de la conviction "qu’aucune paix durable ne se bâtit sans que le peuple congolais, dans toute sa diversité, en soit à la fois l’auteur et le gardien", la C5 entend faire entendre la voix des citoyens dans les débats sur l'avenir politique et institutionnel de la République démocratique du Congo.


Contact : info@coalitionc5.cd | +243 849 595 704

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