Par Dynamik Infos.com
La colère gronde. Quatre organisations de la société civile, LUCHA, Filimbi, La Voix du Peuple et l’ASBL Tayari, dénoncent des "violences extrêmes" au sein de la société de gardiennage WASS SÉCURITÉ à Kasumbalesa, à 90 Km de la ville de Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga.
Dans un communiqué de presse publié ce lundi 20 juillet, elles expriment leur "profonde indignation face aux informations et aux vidéos faisant état des violences atroces infligées à des agents".
Les images devenues virales montrent l’horreur. Sur l’une, "un agent de sécurité WASS en train d’être violemment tabassé par un autre". Sur une autre, "un agent de la même en train de fouetter un autre agent".
Selon les organisations, ces scènes ne seraient pas isolées. "Selon plusieurs témoignages concordants, des pratiques de châtiments corporels et de violences seraient infligées à des agents qui s’absentent de leur poste de travail".
Pour les signataires, "ces actes d’une extrême gravité et violence constituent une atteinte aux droits de l’homme et une violation du Code du travail, des engagements internationaux ratifiés par le pays et de la Constitution de la République démocratique du Congo".
"Aucun employeur ne peut s’arroger le droit de torturer"
La société civile pointe du doigt les conditions de travail dans le secteur du gardiennage privé.
"Ce drame met en lumière la dure réalité que vivent de nombreux Congolais employés dans certaines entreprises de sécurité privée. Trop souvent, ces travailleurs sont victimes d’abus, de violences, d’humiliations et de violations de leurs droits fondamentaux".
Le message est clair :
"Aucun employeur, aucun responsable d’entreprise ne peut s’arroger le droit de torturer, de frapper ou d’humilier ses agents. L’absence au travail, quelle qu’en soit la raison, ne peut en aucun cas justifier des violences physiques ou des traitements cruels, inhumains et dégradants."
Justice et contrôle : les 6 revendications
Les 4 organisations "condamnent avec la plus grande fermeté ces pratiques de l’époque coloniale" et exigent des autorités :
1. "L’ouverture d’une enquête judiciaire qui établira les responsabilités des uns et des autres"
2. "La protection des victimes et des témoins"
3. "L’ouverture d’un procès en flagrance de l’homme qui inflige des coups à la victime et de son complice qui filmait"
4. "Un contrôle urgent des activités de WASS SÉCURITÉ par les autorités compétentes"
5. "La réévaluation de l’agrément de cette société à la lumière des conclusions de l’enquête"
6. "Le renforcement du contrôle de l’ensemble des sociétés privées de gardiennage opérant en RDC"
Enfin, LUCHA, Filimbi, La Voix du Peuple et Tayari préviennent :
"La discipline au travail ne peut jamais servir de prétexte à la torture, aux violences ou aux humiliations. Les droits et la dignité des travailleurs doivent être protégés en toutes circonstances."
Elles promettent de "rester mobilisées jusqu’à ce que toute la lumière sur cette affaire soit faite et que justice soit rendue aux victimes".
Pour rappel, les deux inspecteurs à la base des tortures au sein de cette entreprise de gardiennage ont été arrêté par les services de sécurité et présenté ce mardi 21 juillet au Gouverneur intérimaire du Haut-Katanga Martin Kazembe. Ce dernier a invité la justice à faire son travail, appelant à l’organisation d'un procès public et télévisé, pour servir d’exemple.

