Par Jonathan Basimaki depuis Bunia
Pendant deux jours, les membres de la communauté Lendu du secteur de Walendu Djatsi ont décidé de réviser leur collaboration avec les forces de sécurité afin de consolider les acquis de la paix. Ces échanges fructueux se sont déroulés sous la médiation du chef coutumier Justin Gudza Kiza, à Djugu et à Fataki, dans un climat apaisé.
La première rencontre s’est tenue à Djugu-centre, chef-lieu du territoire. Les officiers de l’armée ougandaise (UPDF), des FARDC, de la Police nationale congolaise ainsi que des leaders communautaires ont échangé sur les points forts et les faiblesses de la relation civilo-militaire sur le terrain.
Devant une foule réunie dans la salle de la radio Amani à Djugu, un officier ougandais, le colonel Francis, a rappelé que la mission principale de l’UPDF consiste notamment à empêcher l’infiltration des rebelles ADF et à sécuriser la RN27 afin de faciliter les échanges commerciaux entre Bunia et les villes frontalières ougandaises.
Il a également insisté sur le fait que la force ougandaise est déployée pour sécuriser la population et ses biens, sans distinction d’appartenance tribale ou ethnique.
L’officier a, par ailleurs, appelé les miliciens CODECO, MAPI, CRP et autres groupes armés à cesser les exactions contre les civils, tout en affirmant que les troupes basées à Fataki et Djugu sont prêtes à riposter en cas d’attaques.
Plaintes de la population contre certains abus
À Djugu-centre, certains agriculteurs ont dénoncé la coupe désordonnée d’arbres fruitiers, notamment des avocatiers, par des militaires ougandais à la recherche de bois de chauffage.
Le chef du secteur Walendu Djatsi a recommandé aux militaires de consulter les autorités locales avant toute coupe d’arbres afin d’éviter des tensions avec la population.
Autre problème soulevé : la présence d’engins explosifs non explosés. Deux incidents récents ont blessé des agriculteurs après la manipulation de bombes abandonnées. L’UPDF a reconnu ce problème et a exhorté la population à informer rapidement les FARDC en cas de découverte d’engins explosifs pour permettre leur déminage.
Dans son intervention, le chef Justin Gudza Kiza a appelé au retour des populations Hema et Lendu dans les localités abandonnées, notamment à Djugu-centre, afin de relancer le développement local.
Il a également dénoncé les enlèvements attribués à la milice CRP à Fataki, estimant que cette situation risque d’affecter les activités commerciales déjà relancées, notamment au marché de Fataki où commerçants de différentes communautés travaillent ensemble.
Clôture sur une note d’espoir
La rencontre s’est terminée sur une note de satisfaction générale. Les chefs locaux et notables ont encouragé la cohabitation pacifique entre communautés, déjà visible à travers la reprise des activités dans plusieurs marchés communautaires, notamment celui de Pitso sur la RNRN27.
Dans l’ensemble, la coopération entre les FARDC et l’UPDF s’inscrit dans les opérations conjointes contre les groupes armés actifs en Ituri, notamment les ADF et certaines milices locales.
Ces opérations visent à restaurer la sécurité, sécuriser les axes routiers et permettre le retour progressif des populations déplacées dans des zones comme Djugu et Fataki. ([mail.congorassure.com


