Par Dynamik Infos.com
Les avocats de la succession Mobutu dénoncent la spoliation de la concession familiale située à Kinkole, dans la commune de la N’Sele, un dossier qu’ils estiment entaché de graves irrégularités et impliquant, selon eux, plusieurs acteurs civils, judiciaires et sécuritaires.
D’après le collectif d’avocats, la concession appartenant à la famille du feu Maréchal Mobutu Sese Seko ferait l’objet d’occupations et d’actes de dépossession orchestrés par un groupe d’individus, parmi lesquels ils citent notamment la Première Présidente du Tribunal de Grande Instance de Kinkole, Madame Dédé Kibala, qui irait jusqu’à contester le statut de veuve de Madame Bobila, épouse du feu Maréchal Mobutu Sese Seko, un Colonel de la Garde Républicaine, Arsène Matambu, ainsi que Monsieur Kadhafi, chargé de la sécurité du mausolée du feu Étienne Tshisekedi, à la N’Sele, et d’autres personnes.
Les conseils de la famille soutiennent que ces faits ne seraient pas isolés. Ils affirment qu’ils s’inscrivent dans une série de spoliations antérieures touchant d’autres concessions, notamment à Bingingi, après Kin Malebo, à proximité de la FECOFA, ainsi que sur des sites de la DAIPN, révélant, selon eux, un schéma récurrent de dépossession foncière.
Les avocats dénoncent également l’intervention de certains services de sécurité sur la concession familiale, en dehors de toute base légale clairement établie. Ils affirment qu’une réquisition aurait été signée sans fondement juridique valable par un auditeur de l’auditorat militaire, entraînant l’expulsion des travailleurs de la succession Mobutu par des éléments de la Garde Républicaine, alors que cette dernière aurait, selon eux, vocation à assurer la sécurisation de la succession et non à participer à son éviction.
Autre fait soulevé par la défense : le rôle présumé de Monsieur Kadhafi, présenté comme superviseur des opérations de spoliation, qui aurait quitté son poste de sécurisation du mausolée de la N’Sele pour s’impliquer dans les activités incriminées sur la concession familiale.
Face à la gravité des accusations, les avocats de la succession Mobutu demandent le remplacement de la Présidente du Tribunal de Grande Instance de Kinkole, qu’ils accusent de s’être associée à un groupe de prétendus faux liquidateurs afin de spolier la concession, au détriment de la veuve et des enfants du feu Maréchal Mobutu.
Les avocats estiment par ailleurs que ces spoliations répétées viseraient à créer artificiellement une rupture entre la famille Mobutu et le Président de la République, alors que la famille demeure attachée et favorable à la vision du Chef de l’État.
Ils en appellent enfin à l’arbitrage du Président de la République, afin qu’une solution conforme à l’État de droit soit trouvée, au Président de la Cour constitutionnelle pour d’éventuelles sanctions disciplinaires à l’encontre de la Présidente du TGI de Kinkole, ainsi qu’à l’Auditeur général pour examiner la responsabilité de l’auditeur ayant signé la réquisition contestée ayant conduit au déguerpissement des travailleurs de la succession par des militaires.
Au-delà du cas spécifique de la famille Mobutu, cette affaire relance avec acuité le débat sur le respect du droit de propriété, l’indépendance de la justice et la lutte contre la spoliation foncière en République Démocratique du Congo.

