Par Jonathan Basimaki à Bunia
Le territoire de Mahagi, au nord de la province de l'Ituri, est entré dans son troisième jour de grève après les violentes manifestations déclenchées par la population pour dénoncer l'insécurité et les tracasseries routières. Face à cette situation, le député provincial Moïse Uzunga Wathum appelle les autorités à agir rapidement afin de rétablir le calme.
Dans un entretien exclusif accordé à Dynamik Infos ce mercredi 22 juillet, l'élu de Mahagi a regretté la poursuite des tensions entre la population et les forces de sécurité. Il exhorte le nouveau gouverneur militaire de l'Ituri à prendre des mesures urgentes, notamment en procédant à la fermeture des barrières routières qu'il considère comme des points de tracasserie érigés par certains éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).
"Il est impératif que le gouverneur militaire intervienne rapidement pour supprimer toutes les barrières de tracasserie qui pénalisent la population. Ces pratiques alimentent le mécontentement et compromettent la paix sociale", a déclaré Moïse Uzunga Wathum.
Le député a également dénoncé les tracasseries dont seraient victimes les pêcheurs sur le lac Albert, affirmant que des éléments des forces navales leur imposeraient des prélèvements illégaux depuis plusieurs années.
"Les pêcheurs du lac Albert continuent de subir des tracasseries qui durent depuis plus de cinq ans. Cette situation doit prendre fin afin de permettre aux populations de travailler dans la sérénité", a-t-il ajouté.
L'élu provincial invite par ailleurs le gouvernement provincial à s'impliquer activement dans la gestion de cette crise afin d'éviter qu'elle ne s'enlise davantage.
"Il faut apporter des réponses concrètes aux revendications de la population. Plus cette crise dure, plus ses conséquences économiques et sociales seront lourdes pour les habitants de Mahagi", a-t-il insisté.
Depuis lundi, la population de Mahagi manifeste contre les tracasseries attribuées à certains éléments de la police routière ainsi que contre la recrudescence du banditisme dans la cité. Mardi, une journée « ville morte » décrétée par la société civile a paralysé plusieurs activités. Un nouveau rassemblement a ensuite été dispersé par les forces de l'ordre, faisant plusieurs blessés parmi les manifestants, selon des sources locales.
La situation demeure tendue dans cette partie de l'Ituri, où les habitants continuent de réclamer des mesures concrètes pour renforcer la sécurité et mettre fin aux pratiques qu'ils jugent abusives.
